(c) Marta Bevaqua
(c) Marta Bevaqua

Clou

Dans un monde normal, une boîte à outils sert à tout sauf à écrire des chansons, dans celui de Clou, c’est l’inverse.

La jeune parisienne bricole à l’envi une chanson française aux accents pop inspirés. Ses mélodies magnifiées par une voix cristalline accompagnent des textes sensibles et percutants.

Le premier album de Clou « Orages », réalisé par Dan Lévy,  sortira en 2020.

bio complète

Clou "Orages" (Avril 2020)

Elle a été annoncée Anne-Claire au registre des naissances. Puis on l’a surnommée, très vite, Anne-Clou. Parfois même Anne-Clown, elle qui, très tôt, a su utiliser l’humour comme mécanisme de défense. Puis elle est devenue Clou, tout court. Et pour de bon.

C’est sous ce nom qu’elle publie son premier album, Orages la fois mélancolique et pop – une alliance dont la chanteuse maîtrise tous les rouages, qui revient sur le manque de parole ressenti enfant, ces tempêtes intérieures qui ne voulaient pas sortir. Jusqu’à aujourd’hui : on vous défie de trouver le moindre faux-semblant dans Orages. 

Clou a grandi dans une famille de « classe moyenne intello », avec des parents mélomanes, qui écoutent aussi bien de la musique baroque que Madonna, Bob Dylan, Demis Roussos ou Toto Cutugno. Dès ses cinq ans, Clou étudie le piano au Conservatoire. Crise d’ado aidant, elle le boude une petite décennie plus tard, apprend la guitare en secret et écrit ses propres chansons d’un timbre déjà affirmé. Sans ambition : sa timidité la dévore… Et puis, dit-elle, « pour ma famille, la musique ne pouvait être qu’un hobbie, un bagage culturel important, pas un métier. » Après le bac, direction la fac de droit où elle s’ennuie, puis elle s’oriente vers la communication et le journalisme. Lors d’un master à New York, loin de son environnement habituel, elle se libère de ses peurs artistiques. Un soir, sur un coup de tête, elle se retrouve à jouer lors d’un open mic à Brooklyn. Le pire moment de sa vie, se souvient-elle. Elle se contente alors d’enregistrer un album, toute seule sur Garage Band : « pour poser mes questions uniquement, et surtout pas les vivre sur scène. » 

De retour en France, elle travaille d’abord comme pigiste puis comme attachée de presse dans la mode. En parallèle, elle joue dans un groupe de folk qui se produit de temps à autre… Jusqu’à ce qu’elle découvre qu’un radio crochet est organisé par Didier Varrod, de France Inter. Elle termine deuxième du concours, mais cette fois, elle en est convaincue : cette formation express de la scène lui a démontré que c’était bien là que se trouvait sa place. En 2015, elle signe avec un tourneur, et donne sa lettre de démission à son travail. La voici à assurer les premières parties de Benjamin Biolay, Dionysos, Thomas Dutronc… « C’est extraordinaire de partager la scène avec des artiste qu’on aime et dont on apprend beaucoup ». Elle se fait également remarquer avec sa reprise « Les Gauloises Bleues » sur l'album hommage à Yves Simon Génération(s) Eperdue(s), participe au dernier album en date de Cocoon, Wood Fire… et, entre temps, fait la connaissance Dan Lévy grâce à son éditeur, Because. Elle adore The Do, lui adore sa voix, et son écriture – dont il encourage la plus totale émancipation : « On s’est rencontré dans un café et on a tout de suite parlé de musique. C’est son moteur. Dan a été sans filtre avec toutes mes chansons. Il a indiqué quand il y avait trop de pudeur, quand c’était trop lisse tout en soulignant le potentiel de mes mélodies. » Au bout de quelques semaines, Clou va enregistrer chez lui à la campagne, et au bout d’une année aux côtés de Dan, présente huit morceaux à Tôt ou Tard : « leur catalogue, qui défend une chanson française indépendante, me faisait rêver. »

Le rêve se réalise, et le premier album également. Riches sont ses cordes, les possibilités vocales, haut perchées, de Clou. Riches sont ses références, musicales comme littéraires. Il y a Paul Simon : « son écriture, son sens de la mélodie me bouleversent ; c’est un vrai poète ». Son influence domine la chanson « On avance ». Mais aussi Tracy Chapman, Regina Spektor, Virginia Woolf, Jack London, Victor Hugo, Lewis Trondheim, Sempé, en passant par Joni Mitchell – écoutez bien le titre « Tomorrow », son Open D lui rend un hommage discret… Clou aime tout autant NTM, Kate Bush, Feist, Renaud, Brassens, Moustaki. Le point commun de tous ces artistes ? Une sincérité sans failles, à l’image de celle de Clou. « Le point de départ, c’est Dan qui m’a dit que je ne me mettais jamais en colère et que je devais la sortir ! Tout ce qui me bouleverse, me hérisse, me semble absurde, je me suis décidée à le chanter. » Naît alors le titre « Rouge », sur l’art de sortir de ses gonds, avec un riff de guitare jouée comme une basse. Il y a « Jalouse », qui revient sur une adolescence malheureuse. Dans la même lignée existentialiste, l’ouverture de l’album, « Comment », a été écrite d’après un rêve de Henri Michaux : « il escalade une façade de verre comme une marionnette dont les fils sont tirés par ses parents, parfaite métaphore de la vie, non ? », s’amuse Clou. « Narcisse », lui, attaque les pervers narcissiques : « c’est un cri de douleur, à trois temps pour adoucir le texte, contre les personnes toxiques et leurs mots qui tuent : la vie de leurs victimes est incarnée par le piano qui titube et s’effondre à la fin. » Le pouvoir du déni résonne cependant sur « Jusqu’ici tout va bien », tout comme le refus du mainsplaining ambiant, sur la pop enlevée de « Si t’étais moi ». 

« Je prends mon temps », elle est une « ballade toute en arpèges construite comme un éloge de la lenteur dans une époque où la vitesse est une fausse vertu ». Car, après avoir vécu le rythme affolant de la mode, Clou assume d’avoir pris le temps dans sa vie, en débutant dans la musique à trente ans. Son mantra ? « Ad augusta per angusta », « vers les sommets par les petits chemins » en latin. C’est d’ailleurs le sous-titre du seul titre anglophone d’Orages, « Tomorrow ».

Et une chanson d’amour, dans tout ça ? Oui, « Cesse Cesse », conçue après une rupture douloureuse et des nuits blanches à jouer de la guitare. Mais le propos, ici, concerne la (nouvelle) naissance, la réinvention de ce qu’on est, quel que soit son genre et son âge, ce qui n’empêche guère Clou de se revendiquer profondément féministe : « Les femmes ont été silencieuses trop longtemps. Encore aujourd’hui, je me retrouve face à des gens qui ont du mal à comprendre que j’ai tout écrit et composé seule. » Car c’est bien le cas. Si Dan Lévy a encouragé et réalisé de ses mains de magiciens Orages, on a bien affaire à un disque-univers d’une seule et même personne : Clou, la nouvelle ensorceleuse d’une chanson aussi inclassable qu’irrésistible.  

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Clou - "Orages"

Nous sommes heureux de vous présenter Clou, nouvelle venue de la famille tôt Ou tard - Zouave.

Clou a été découverte à l'occasion d'un radio-crochet de France Inter, puis remarquée avec sa reprise des "Gauloises bleues" sur l'album hommage à Yves Simon ou encore aux côtés de Cocoon sur son titre "Back to one".

Sur scène, c'est invitée par Benjamin Biolay, Vianney, Dyonisos, Boulevard des Airs (entre autres) que Clou s'est fait connaître. 

Découvrez le clip "Rouge" réalisé par Romain Winkler (Etienne Daho, Odezenne...), premier extrait de son premier album "Orages" à paraître en 2020 et réalisé par Dan Lévy (The Do), celui de "Comme au cinéma" réalisé par Vincent Delerm et celui du dernier extrait "Comment" réalisé par Cauboyz.

real: attitude & C.Sauvage